Finance solidaire et à impact : retour sur le dernier webinaire de FAIR avec Vincent Himmer

Publiée le 12.05.2026

Peut-on réellement transformer la finance de l’intérieur ? Lors du dernier webinaire organisé par FAIR, le chercheur Vincent Himmer a partagé les résultats de ses travaux et ouvert le débat sur les leviers d’action possibles.

Comprendre la financiarisation pour mieux agir

La financiarisation de l’économie est une tendance de fond qui s’est accélérée depuis les années 1980. Elle se traduit notamment par un déplacement du lieu de création de valeur : les profits sont de plus en plus générés sur les marchés financiers, au détriment de l’économie réelle. Ce phénomène a des conséquences concrètes, comme la pression accrue sur les entreprises, ou bien encore la priorité donnée aux actionnaires.

Il y a un autre effet majeur à cette tendance : les contre-pouvoirs traditionnels (salariés, consommateurs, syndicats) ont aujourd’hui plus de mal à peser sur ces dynamiques. En effet, lorsque les décisions se prennent à l’échelle de portefeuilles financiers globalisés, l’impact d’une mobilisation locale devient de fait plus limité. C’est bien dans ce contexte que se pose la question du rôle de la finance solidaire, capable d’offrir des vraies alternatives concrètes.

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Les deux vraies forces de la finance solidaire

Si la finance solidaire a réussi à préserver l'ESS des dérives de la financiarisation, ce n'est pas par hasard. C'est parce qu'elle repose sur deux principes concrets.

  • Premier principe : encadrer la propriété du capital. Dans les structures financées, les statuts garantissent que les travailleurs et les usagers ont un pouvoir réel sur les décisions.
  • Deuxièmement : limiter la liberté de mouvement du capital, en imposant qu'une part des portefeuilles reste fléchée vers des entreprises solidaires, sélectionnées selon des critères stricts et vérifiés. Ces deux leviers, combinés, créent quelque chose de rare dans le monde financier, à savoir un système où l'intérêt du capital ne peut pas simplement écraser les intérêts des autres parties prenantes. C'est simple sur le papier, mais ça a demandé des décennies de travail pour être construit et défendu.

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Et maintenant, comment faire passer la finance solidaire à l'échelle ?


Enfin, la vraie question qui se posait en filigrane tout au long du webinaire peut-être rappelée ici : comment faire en sorte que ce modèle inspire la finance au sens large, et pas seulement une niche solidaire ?

Pour Vincent Himmer, la réponse ne passe pas par la séduction des investisseurs, mais par le travail réglementaire et de plaidoyer. Plutôt que de chercher à prouver que la finance solidaire est aussi rentable que les autres, l'enjeu est de porter des exigences concrètes auprès des régulateurs : transparence sur la composition des portefeuilles, droits de vote pour les parties prenantes, encadrement des revenus du capital.

C'est un travail de longue haleine, et FAIR, le collectif de la finance solidaire est bien placé pour le mener grâce à des outils éprouvés, et une légitimité construite sur le terrain depuis 30 ans.

 

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