Éducation financière : informer ne suffit pas toujours

Publiée le 02.06.2026

L’éducation financière s’impose progressivement comme une priorité des pouvoirs publics. Ces dernières semaines, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a dévoilé son plan d’éducation financière 2026-2028, tandis que le gouvernement a présenté un nouveau plan d’action dans le cadre de la stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière (EDUCFI).

L’un des axes majeurs du plan de l’AMF concerne les inégalités entre les femmes et les hommes face à l’investissement. Selon son baromètre de l’épargne et de l’investissement, 24 % des femmes déclarent investir en Bourse, contre 45 % des hommes.

Pour expliquer cet écart, l’AMF pointe plusieurs facteurs : des contraintes financières parfois plus fortes, une moindre appétence au risque, mais aussi un sentiment de compétence financière plus faible. Un constat d’autant plus intéressant que les écarts de connaissances réelles apparaissent bien moins marqués.

Pour mieux comprendre ces freins, le régulateur prévoit le lancement d’une étude qualitative dès 2026 afin d’identifier les leviers susceptibles de favoriser l’investissement des femmes. De son côté, le gouvernement poursuit le déploiement de la stratégie EDUCFI, avec notamment le renforcement du label EDUCFI et la généralisation progressive du Passeport EDUCFI auprès des collégiens.

Au-delà de l'information, une question de confiance

Ces initiatives traduisent une conviction largement partagée : chacun doit disposer des connaissances nécessaires pour comprendre les grandes notions économiques et financières qui influencent ses choix quotidiens.

Mais les résultats mis en avant par l’AMF rappellent qu’informer ne suffit pas toujours. Comprendre un sujet et se sentir légitime pour agir sont deux choses différentes.

Cette question de la confiance est centrale. Car l’accès à l’épargne, à l’investissement ou plus largement aux décisions financières dépend aussi de la capacité des citoyens à se sentir en mesure de comparer, questionner et choisir.

L’éducation financière ne consiste donc pas uniquement à transmettre des connaissances techniques. Elle vise également à renforcer l’autonomie des individus face à des décisions qui ont des conséquences durables sur leur situation personnelle, mais aussi sur l’économie dans laquelle ils évoluent.

Un enjeu pour la finance solidaire

Pour FAIR, cette réflexion est particulièrement importante et elle est aussi la mission principale de notre association. Si les solutions de finance solidaire et de finance à impact se développent, elles demeurent encore insuffisamment connues d’une grande partie du public.

Développer la culture financière, c’est donc aussi permettre à chacun de mieux comprendre les différentes possibilités d’épargne qui s’offrent à lui, leurs caractéristiques, leurs risques, mais également les projets qu’elles contribuent à financer.

À l’heure où les pouvoirs publics cherchent à démocratiser l’éducation financière, l’enjeu n’est pas seulement de former davantage d’épargnants. Il est aussi de permettre à chacun de devenir un acteur plus éclairé de ses choix.

🔎 Lu dans la veille FAIR

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