Stratégie nationale de l’ESS : des avancées pour la finance solidaire, place désormais à l’action
Publiée le 16.09.2026
Stratégie nationale de l'ESS : de quoi parle-t-on ?
Publiée en juillet 2026, la nouvelle Stratégie nationale de l’économie sociale et solidaire (SNESS) fixe la feuille de route de l’État à l’horizon 2030. Avec cinq axes, vingt-huit orientations et cent huit actions, elle marque une reconnaissance importante de la contribution de l’Economie sociale et solidaire (ESS) aux transitions sociales, écologiques et territoriales.
Cette stratégie, à laquelle de nombreux acteurs de l’ESS dont FAIR ont contribué, constitue également une avancée notable : le développement de la finance solidaire et citoyenne y fait l’objet d’une orientation dédiée, et plusieurs leviers défendus par le réseau sont explicitement identifiés.
Consulter le document officiel de Stratégie nationale de l'ESS 2026
Plusieurs avancées pour la finance solidaire
La stratégie reconnaît d’abord la nécessité de renforcer les fonds propres et quasi-fonds propres des entreprises de l’ESS. Elle prévoit notamment d’étudier la création d’un mécanisme de garantie dédié, porté conjointement par l’État et Bpifrance. Une orientation qui rejoint directement les propositions de FAIR pour mieux partager le risque et mobiliser davantage d’investisseurs au bénéfice des entreprises solidaires.
Autre enjeu majeur : mieux orienter l’épargne des Français vers l’ESS. La stratégie prévoit d’améliorer la collecte des fonds solidaires via l’assurance-vie et l’épargne retraite, mais aussi de renforcer la visibilité de l’investissement direct dans les entreprises solidaires et du dispositif IR-PME ESUS qui donne un avantage fiscal aux investisseurs dans les entreprises portant l’agrément Entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS).
Elle ouvre également des perspectives au niveau européen en proposant que la France défende une évolution des règles applicables aux Organisme de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) afin de faciliter leurs investissements dans des fonds professionnels dédiés à l’ESS.
Enfin, la stratégie prévoit de renforcer l’agrément ESUS, avec un objectif de 3 500 structures agréées en 2030, et de poursuivre les travaux sur les titres associatifs afin de faciliter l'accès des associations aux quasi-fonds propres.
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Passer désormais des orientations aux actes
Ces orientations constituent des signaux positifs pour la finance solidaire. Leur impact dépendra toutefois de leur traduction concrète dans les prochains textes budgétaires, législatifs et réglementaires.
C’est aussi la principale réserve exprimée par les acteurs de l’ESS lors de l’adoption de la stratégie au Conseil supérieur de l’ESS : 42 membres se sont abstenus, contre 8 votes favorables représentant l’État, pour alerter sur le décalage entre les ambitions affichées et les moyens consacrés au secteur.
Dans les prochains mois, FAIR sera particulièrement attentif à la mise en œuvre effective de la garantie en fonds propres, au renforcement de la place de la finance solidaire dans l’assurance-vie et l’épargne retraite, à la stabilisation de l’IR-PME-ESUS, ainsi qu'aux évolutions réglementaires françaises et européennes permettant de mobiliser davantage d’épargne au service de l’ESS.
La Stratégie nationale pose donc un cadre bienvenu. L’enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance de la finance solidaire en leviers concrets de financement des entreprises et projets à forte utilité sociale et environnementale.
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