Épargne salariale : comment faire passer le solidaire à l’échelle supérieure ?

Publiée le 26.03.2026

À l’occasion de la Semaine de l’épargne salariale 2026, FAIR 2026, FAIR a organisé des tables rondes rassemblant acteurs économiques, experts et représentants des salariés afin d’explorer les pistes pour faire de l’épargne salariale un outil toujours plus utile pour les épargnants, au service d’une économie plus juste.

Alors que les Français n’ont jamais autant épargné, et que les attentes en matière de sens et d’impact augmentent, l’épargne salariale solidaire reste encore peu connue. Pourtant, avec 190 milliards d’euros d’encours et 13 millions de salariés concernés, ce canal historique de la finance solidaire a tout pour devenir l’un des principaux leviers de la transition écologique et sociale. 

L’épargne salariale, pilier de la finance solidaire


Depuis les lois des années 1960, l’épargne salariale a pour vocation d’associer les salariés à la création de valeur et de dépasser le clivage communément admis entre le travail et le capital. Aujourd’hui, elle concerne 400 000 entreprises et représente un levier majeur de redistribution, avec des dispositifs comme la participation, l’intéressement ou l’actionnariat salarié.

En effet, l’épargne salariale n’est pas qu’un outil de rémunération différée : c’est proprement un mécanisme de cohésion sociale et de financement de long terme, rappelle Pierre Havet, Délégué général de Fondact, et d’ailleurs, l’épargne salariale est le premier collecteur d’épargne solidaire avec 54% de l’ensemble des actifs solidaires en France. Pour autant, l’épargne salariale solidaire ne représente pour l’instant que 8% de l’encours total de l’épargne salariale, ce qui montre le potentiel de développement très important de ce dispositif.   

Plusieurs obstacles expliquent ce phénomène :
•    Un manque de visibilité : 67 % des salariés ignorent que leur entreprise propose des fonds responsables.
•    Une complexité administrative, notamment pour les PME, qui peinent à mettre en place ces dispositifs.
•    Des préjugés tenaces sur la performance des fonds solidaires, alors que les études montrent une résilience accrue en période de crise.

Lire la tribune de Pierre Rispoli, Président de FAIR : «L'épargne salariale est déjà un choix de société »

 

Comment permettre à l’épargne salariale solidaire de franchir un véritable cap ?

Démocratiser l’accès, notamment pour les TPE-PME


Aujourd’hui, seulement 30 branches professionnelles sur 171 ont adopté un accord d’épargne salariale. Il faut de fait simplifier les démarches et généraliser les accords de branches facilement duplicable au niveau des entreprises, propose François Perret, Ambassadeur au partage de la valeur auprès du gouvernement. Structurer l’accompagnement aux entreprises semble essentiel, notamment grâce à des bilans d’impact des outils de simplification.
Une solution, proposée par Denis Dementhon, Directeur général de France Active, consisterait en un plan national d’épargne salariale par défaut, géré par la Caisse des Dépôts, pour couvrir les microentreprises et les salariés atypiques. Cela permettrait de mutualiser les coûts et de garantir une gouvernance orientée vers l’impact..

Renforcer le fléchage vers l’économie réelle


L'épargne salariale pourrait jouer un rôle clé dans le financement de l'économie française et la préparation des retraites complémentaires. Un axe particulièrement prometteur pour François Perret concerne les transmissions d'entreprise. En servant de réserve pour alimenter l'actionnariat salarié, l'épargne salariale faciliterait les reprises d'entreprise par les collaborateurs, créant ainsi un cercle vertueux de pérennisation des emplois et de dynamisation des territoires.

Rendre l’impact visible et désirable


Pour convaincre, il faut montrer concrètement ce que finance l’épargne solidaire à travers trois leviers : la pédagogie financière, la transparence et la démonstration concrète de l’impact. 
Selon Emmanuel Gendreau,il est essentiel d’expliquer concrètement comment est investie la part solidaire de l’épargne des salariés, cela permet aux salariés de mieux comprendre comment ils peuvent agir concrètement avec leur épargne. 

Vers une épargne salariale plus vertueuse


L'épargne salariale offre déjà une réponse concrète aux défis économiques actuels en constituant un complément de rémunération, précieux dans un contexte où les augmentations de salaires sont difficiles. Mais le potentiel de ce dispositif va bien au-delà : il crée un cercle vertueux où l'épargnant devient acteur du développement économique local et de la transition écologique, tout en préparant sereinement son avenir financier. L’épargne salariale est également un moyen de sensibilisation des salariés au sujet de la finance solidaire.

Pour amplifier cet élan, plusieurs pistes complémentaires se dessinent :

  • L'intégration systématique d'une part minimale de fonds solidaires dans la gestion pilotée des PER créerait un effet de levier considérable.
  • La modification des allocations par défaut pour y inclure systématiquement une option solidaire, comme le propose FAIR, représenterait une avancée majeure. 

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