Quand la SFDR dit oui à l'impact
Publiée le 13.01.2026
Cette évolution, saluée par de nombreuses organisations européennes de l’investissement responsable, durable et à impact, constitue une avancée symbolique et opérationnelle pour un segment encore trop souvent marginalisé dans la réglementation financière.
Reconnaissance de l’impact : une avancée majeure
Jusqu’ici, l’investissement à impact évoluait dans un cadre réglementaire peu lisible, souvent confondu avec d’autres approches ESG ou durables, sans reconnaissance explicite de sa spécificité :
- Intentionnalité
- Contribution mesurable à des objectifs sociaux et environnementaux
- Suivi des impacts positifs réels sur l’environnement et la société.
La proposition actuelle de la Commission européenne marque un tournant : l’investissement à impact y est reconnu comme une pratique distincte, intégrée au cœur des produits visant des objectifs de durabilité ou de transition.
Pour les citoyens européens, cette évolution est loin d’être anodine. Elle permet :
- de faire des choix d’épargne plus clairs,
- de renforcer la confiance dans les produits financiers durables,
- et de contribuer concrètement à une transition juste et inclusive via leur épargne.
Un nouveau cadre plus simple avec une place pour l'impact
La Commission européenne propose une simplification du cadre SFDR, en remplaçant l’architecture actuelle par quatre grandes catégories de produits, sans pour autant créer de catégorie distincte pour l’investissement à impact, encore jugé trop « niche » :
- Produits « transition »
- Produits à caractéristiques ESG
- Produits « durables »
- Produits mixtes, combinant plusieurs approches
La nouveauté réside dans l’introduction d’un « complément impact », applicable aux produits transition et durables.
Concrètement, les gestionnaires souhaitant se revendiquer « transition impact » ou « durable impact » devront produire un reporting renforcé attestant de l’intentionnalité et de la réalité des impacts recherchés. Les produits à caractéristiques ESG, eux, ne pourront pas se revendiquer de l’impact : la simple promotion de caractéristiques ESG a été jugée trop peu engagée pour permettre une combination avec une approche impact.
Ce choix reflète un équilibre politique : reconnaître l’impact sans bouleverser l’architecture globale de la SFDR. Reste une question centrale : cette intégration sera-t-elle suffisamment exigeante pour protéger l’impact… ou risque-t-elle de le diluer ?
FAIR et plusieurs acteurs mobilisés
Face à cette évolution, les organisations européennes de l’investissement à impact adoptent une stratégie commune : travailler activement à l’intégration explicite et robuste de l’impact dans les catégories proposées, notamment via les futurs standards techniques (RTS).
Parallèlement, plusieurs ONG européennes (ShareAction, WWF, Urgewald, Fair Finance International et le Sustainable Finance Observatory) ont publié une lettre ouverte appelant la Commission à renforcer les exigences de gestion responsable.
Ce que FAIR défend
FAIR salue l’ouverture de la Commission européenne à l’investissement à impact, appelant les co-législateurs à maintenir les dispositions proposées dans le texte final et à les compléter de standards techniques exigeants. L’enjeu : garantir un cadre réglementaire ambitieux, permettant à l’investissement à impact de se développer, de produire des résultats mesurables et de financer des solutions réellement engagées face aux défis sociaux et environnementaux de l’Europe.
Quand la SFDR dit oui à l'impact : ce que ça change
Pour aller plus loin ou pour en savoir plus rendez-vous le jeudi 19 février de 11h à 12h pour notre webinaire dédié.
Ce webinaire vous propose de comprendre :
- Ce que signifie réellement la reconnaissance de l’impact par la SFDR.
- Comment les financeurs solidaires peuvent et doivent s’adapter aux nouvelles exigences.
- Les risques et opportunités associés à cette nouvelle réglementation.
En présence de : Reclaim Finance, Sustainable Finance Observatory, FAIR et Ring Capital.